La « princesse Qâjâr » et le problème des mèmes historiques trompeurs

« Khanum ʻIsmat al-Dawlah » et « Taj al-Saltanah ».
Images recadrées de (à gauche) « Khânom ʻIsmat al-Dawlah » vers le milieu/la fin du XIXe siècle, provenant de la collection de l’Institut d’études historiques contemporaines iraniennes (5216-3 ع), et (à droite) une image du « Taj al-Saltanah » d’Ivanov (Roussie-Khan) datant d’environ 1909/1910. Avec l’aimable autorisation de Women’s Worlds in Qajar Iran.

L’histoire déformée est parfaitement incarnée dans un récent mème viral qui dépeint une princesse persane du XIXe siècle avec des poils sur le visage, et qui affirme que treize hommes se sont suicidés à cause de leur amour non partagé pour elle. Bien qu’il échoue lamentablement sur le plan de la précision historique, le mème réussit à démontrer avec quelle facilité le piège à clics viral obscurcit et éclipse les histoires riches et significatives du passé.

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Avant Indiana Jones, Abraham Hyacinthe Anquetil-Duperron

Avant Indiana Jones et Lawrence d’Arabie il y a eut Abraham Hyacinthe Anquetil-Duperron. Né en 1731, Anquetil fut le premier orientaliste-aventurier : un érudit européen spécialiste de la culture asiatique qui incarnait également l’action audacieuse et héroïque sur le terrain. Sa spécialité était les racines des anciennes religions en Asie. Il a été le premier Européen à traduire l’Avesta, un recueil millénaire d’écritures au cœur du zoroastrisme, l’ancienne foi de la Perse préislamique. Afin d’apprendre à lire la forme de persan vieille de 2000 ans dans laquelle l’Avesta a été écrit, Anquetil a voyagé à travers l’Inde pendant six ans, à partir de 1755. Pendant la majeure partie de cette période, il a vécu dans le port de Surat, étudiant chez les Parsis, une communauté de zoroastriens qui avaient fui leur maison ancestrale, en Perse, des siècles auparavant. Publiée en 1771, la traduction de l’Avesta d’Anquetil fit sensation. La plupart des Européens considéraient encore les écritures hébraïques comme le texte religieux le plus ancien et le plus fiable. La traduction d’Anquetil a confronté les Européens aux écritures zoroastriennes qui étaient anciennes et indépendantes des traditions bibliques. Il a soulevé des questions troublantes sur l’histoire et le caractère unique du christianisme, et a révolutionné la pensée européenne sur la religion.

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Le zoroastrisme numérique à la British Library

La British Library a la chance de posséder une collection inégalée de plus de 100 ouvrages zoroastriens allant de la plus ancienne, la prière Ashem Vohu du IXe siècle écrite en écriture sogdienne, découverte par Aurel Stein en Asie centrale en 1907, aux manuscrits recueillis tout récemment spécialement pour la Royal Society de Londres, à la fin du XIXe siècle. Bien que le zoroastrisme soit d’origine iranienne, la plupart de nos manuscrits proviennent en fait de l’Inde. Ils sont écrits en avestique (ancien iranien), en persan moyen, en nouveau persan, ainsi que dans les langues indiennes comme le sanskrit et le gujarati.

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Ispahan par l’image et par les textes

Une partie de la ville d'Ispahan vue depuis le toit du Palais d'Ali Qapu.
Une partie de la ville d’Ispahan vue depuis le toit du Palais d’Ali Qapu. Au premier plan le grand immeuble est l’Hotel Abbassi qui mérite une visite même si ce n’est pas pour y résider. Le dôme est celui de la Madrasa de la mère du Shâh nommée actuellement Madrasa Chahar Bâgh (août 2001).

Ispahan est la troisième ville d’Iran, situés à 340 kilomètres au sud de Téhéran. Capitale de la Perse entre le XVIe et le XVIIIe siècle, l’origine de la ville de la création de la ville n’a pas été établie par manque de preuves archéologique. On suppose qu’elle est ancienne de par sa situation géographie, au centre de l’Iran. Ispahan est l’une des plus anciennes villes iraniennes.

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La Perse vue par Sir Robert Ker Porter

Portrait de Sir Robert Ker Porter (1822).
Portrait de Sir Robert Ker Porter (1822).

Les récits de Sir Robert Ker Porter sur ses voyages au Moyen-Orient donnent un aperçu d’une région qui était largement méconnue de la plupart des Européens. Ses aquarelles originales constituent une source visuelle fascinante et sont à la fois descriptives de leurs décors et de leurs belles œuvres d’art. Christopher Wright [1] raconte le voyage de Porter à travers un paysage inconnu et enchanteur.

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La Perse à l’Exposition Universelle de 1889

Vue générale de l'Exposition universelle de 1889.

Terre d’iran vous invite à faire un voyage à travers le temps en publiant un article paru dans la revue L’Art de 1889 à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris. Le texte a été reproduit à l’identique. L’Iran s’appelait alors la Perse et les noms des différentes villes et régions sont orthographiés à la manière du XIXe siècle.

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Le caravansérail d’Izadkhast : un carrefour sur la route de la soie

Le caravansérail d'Izakhast vu de la citadelle.
Le caravansérail d’Izakhast vu de la citadelle.

Il existe un lieu en Iran qui, selon moi, ne retient pas l’attention qu’il mérite. Niché au cœur même d’une portion de l’ancienne route de la soie qui traversait la Perse, le caravansérail d’Izadkhast mérite qu’on s’y arrête, pour le visiter et le photographier à tout moment de la journée, principalement tôt le matin et juste avant le coucher du soleil.

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Hache inscrite au nom du roi Untash-Napirisha

Hache au nom d'Untash Napirisha

Cette hachette au nom d’Untash-Napirisha est dédiée aux dieux Ishnikarab et Kiririsha. Elle a été trouvée à Tchoga Zanbil, dans le sanctuaire d’Ishnikarab, à côté de la grande ziggourat vouée par le roi à Inshushinak et Napirisha. Cette arme s’inscrit dans la tradition du début du IIe millénaire où les lames des haches sont comme « crachées » par une tête animale, celle d’un lion la plupart du temps. Sur le côté est figuré un sanglier en électrum.

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Persépolis, le Paradis perse

Sur les hauts plateaux iraniens se trouve le berceau de l’une des plus grandes civilisations de bâtisseurs de l’Antiquité : les Perses.  Ils y ont édifié un chef-d’œuvre d’architecture : Persépolis. Jusqu’à présent, on pensait que ce site se limitait à son imposante terrasse, utilisée par les rois perses quelques mois dans l’année. Mais des découvertes récentes révèlent un tout autre visage de la cité, celui de l’une des villes les plus opulentes du monde antique : un éden dans les montagnes perses. (Arte)

Voir aussi :
« Shiraz-Persépolis : quand l’Iran accueillait un festival d’art »
« Des fouilles révèlent une ancienne porte à Persépolis »