Chocolat et exposition universelle

La Perse, exposition de 1889

Guérin-Boutron (1775-1942), une marque française de chocolat, avait pour habitude de communiquer par l’intermédiaire d’images représentant des personnages publics, des événements historiques et des monuments. À l’occasion de l’exposition universelle de Paris, en 1889, le pavillon de la Perse a été présenté avec ceux des Étrusques, des Assyriens et des Germains.

Pavillon de la Perse

C. L. Huard, dans Le livre d’or de l’exposition, en a fait la description :

« L’habitation persane est d’un style qui fait penser tout de suite au style arabe moderne ; ce n’est pas de la faute de M. Charles Garnier, mais des architectes arabes qui ont pris aux anciens Persans leurs coupoles et leurs créneaux à déchiquetures.

Ici la ligne courbe prend tout à fait droit de cité : et par le dôme qui est lourd, écrasé et ne se recommande pas précisément par son élégance ; et par l’arcade ogivale qui constitue la baie d’entrée, percée dans une façade dont elle occupe — à peu près la moitié de la largeur, non que la porte soit démesurément large, mais parce que la façade est étroite.

Le pavillon que recouvre le dôme ne constitue pas d’ailleurs toute l’habitation, elle se compose aussi d’un autre pavillon rectangulaire, recouvert d’un toit plat bordé de la même balustrade à créneaux, et fort peu éclairé extérieurement, puisque les ouvertures consistent en de toutes petites fenêtres, percées tout en haut des arcades formées par trois colonnes engagées.

Toute cette construction est en briques et il fallait qu’elle le fût, puisque les Persans ne connaissaient pas la pierre de taille, seulement, M. Charles Garnier n’a pas poussé l’exactitude de sa restitution jusqu’à employer des briques cuites au soleil, attendu que dans notre pays le soleil n’est pas assez chaud pour cuire des briques.

Mais il a employé les briques vernissées, dont les anciens Persans tiraient si habilement, on pourrait même dire si artistiquement parti, pour les décorations polychromes de leurs édifices.

Ici — comme partout, du reste —, le spécimen est réussi, et s’il n’est pas absolument joli dans l’acception que notre goût moderne donne à ce mot, c’est que le modèle ne l’était pas. »

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